Newsletter du 8 avril 2020

CIVIX News

Salut! Voici ce que tu dois savoir pour la semaine passée en 3:04 minutes

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En bref :
- Crise migratoire : l'accord UE - Turquie sous pression
- Déblocage du fonds d'urgence de la FWB

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Crise migratoire : l'accord UE-Turquie sous pression

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QUOI ?

Fin du mois de février dernier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé l’ouverture de la frontière turco-grecque aux migrants voulant rejoindre le territoire européen. Depuis un peu plus d’un mois, des milliers de migrants affluent aux portes de la Turquie mais se retrouvent bloqués et refoulés par l’armée grecque.

Erdogan était en visite à Bruxelles le 9 mars pour rencontrer les dirigeants de la Commission et du Conseil européens.

COMMENT ?

Comment cela se fait-il ?

En mars 2016, Ankara et l’UE ont signé un accord dans lequel la Turquie s’engageait à "prendre toute mesure nécessaire" pour contenir les arrivées de migrants en Grèce (des Syriens fuyant la guerre pour la plupart). En échange, l’UE s’est engagée à lui verser progressivement 6 milliards d’euros d’aide pour l’accueil de près de 4 millions de migrants présents en Turquie. Elle avait également promis l’accélération de la mise en place d’une exemption de visas pour les Turcs et des progrès dans la "modernisation" de l’union douanière UE-Turquie. Suite à cet accord, le nombre d'arrivées de migrants en Europe depuis la Turquie avait fortement diminué.

Cependant, 4 ans après, le président Erdogan estime que l'aide obtenue pour l'instant est insuffisante pour faire face au coût des millions de migrants et de réfugiés, majoritairement Syriens, qu'elle accueille depuis des années. De plus, la Turquie souhaite aussi obtenir le soutien de l'UE dans ses opérations militaires dans le nord de la Syrie.

Du côté européen, on dénonce un chantage, une "pression exercée à des fins politiques". Les ministres européens des Affaires étrangères ont dénoncé les agissements du président turc Recep Tayyip Erdogan qui exige la refonte de l'accord avec l'Union européenne.

QUELLES CONSÉQUENCES ?

La rencontre brève du président Erdogan avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, a délivré de maigres résultats. Il s’agissait surtout de calmer les tensions et de mettre en place de nouvelles négociations.

Maintenant, il revient, d’une part, à l’UE de tenter de clarifier l’accord de 2016 et, d’autre part, de trouver un compromis en son sein pour les modalités d’accueil des réfugiés amassés en Grèce et à sa frontière turque.

Cependant, l’UE est toujours marquée par de profondes divisions sur la question migratoire. Face à l’appel à l’aide de la Grèce, certains Etats membres sont prêts à accueillir un certain nombre de réfugiés (surtout des mineurs non accompagnés) tandis que d’autres entendent se limiter à apporter un soutien financier et logistique au gouvernement grec.


Déblocage du fonds d'urgence de la FWB

QUOI ?

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé définitivement mardi les deux arrêtés de pouvoirs spéciaux qui permettent de mettre en œuvre un fonds d'urgence doté d'une enveloppe de 50 millions d'euros et de déroger aux règles habituelles de subventions.

COMMENT ?

Ce fonds d'urgence est destiné à apporter une aide directe aux différents secteurs (culturels, accueil de la petite enfance, hôpitaux universitaires, etc.) affectés par les mesures de confinement.

À cause de la crise sanitaire, certains opérateurs culturels, sportifs, folkloriques ont dû annuler leurs activités alors que l'octroi de la subvention était lié à l'organisation de celles-ci.

La FWB a décidé de mettre en place un mécanisme de soutien. Il consiste à maintenir l'aide financière octroyée même si le bénéficiaire n'a pas rempli les conditions de subventionnement en raison du confinement.

En d’autres mots, un opérateur qui se trouve dans l'impossibilité aujourd'hui de respecter les conditions d'octroi de sa subvention en raison des conséquences du confinement pourra la conserver moyennant le respect de certaines conditions. Il en ira de même pour le paiement anticipé des subventions.

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La mesure devrait permettre d'assumer les dépenses déjà effectuées, qui ne seraient pas couvertes par d'autres mécanismes d'aide ou de financement et de rémunérer les prestataires finaux.

Ces dérogations couvriront des situations à partir du 10 mars 2020.

QUELLES CONSÉQUENCES ?

7,8 premiers millions d'euros ont ainsi été débloqués pour assurer les premières aides d'urgence, notamment au profit des crèches et accueillantes d'enfants.