Newsletter du 18 mars 2020

CIVIX News

Salut! Voici ce que tu dois savoir pour la semaine passée en 3:24 minutes

Voici la newsletter de CIVIX News. Ton moyen simple de comprendre l'actualité politique en Belgique. 📰

En bref :
- Confinement et immunité collective : quelles différences ?
- Gouvernement d’urgence pour faire face au virus

image

Confinement et immunité collective : quelles différences ?

image

QUOI ?

Pour éviter la propagation du coronavirus qui frappe l’Europe depuis presque un mois, la plupart des pays européens envisagent un confinement strict de la population. Cependant, comme on a pu l'entendre récemment, deux pays envisagent une tactique différente, appelée “immunité collective” pour lutter contre la pandémie.

Penchons-nous sur la différence entre ces deux stratégies et sur leurs conséquences.

COMMENT ?

Le confinement consiste à éviter un maximum les interactions physiques avec d’autres personnes, en dehors de chez soi. Ainsi, dans ces cas-là, les citoyens sont priés de ne pas sortir de chez eux sauf pour raison impérieuse. Le but ? Limiter la circulation du virus et de ce fait les cas de contaminations.

C’est la logique adoptée jusqu’à présent par les Italiens, les Français, les Espagnols et depuis hier par les Belges. Cependant, les modalités et la mise en oeuvre des mesures varient en fonction de chaque pays.

L’immunité collective ne préconise pas un confinement total même si des mesures telles que la fermeture des écoles, bars, restaurants sont adoptées. Cette stratégie consiste en la diffusion naturelle du virus dans la population. Ainsi, les autorités entendent parvenir à une “immunité de groupe” (que les gens soient naturellement immunisés contre le virus), dans l’attente d’un vaccin, laissant les personnes les moins vulnérables attraper le virus tout en protégeant les personnes âgées et les malades.

C’est jusqu’à présent le choix opéré par les Pays-Bas ou le Royaume-Uni (qui risque de revenir sur cette décision).

QUELLES CONSÉQUENCES ?

Les mesures de confinement ont fatalement un impact économique énorme sur un pays et à l’échelle de l’Union européenne. Cependant, la plupart des scientifiques considèrent que ces mesures sont essentielles à court et moyen terme pour sauver le plus de vies possibles.

Les mesures plus laxistes d’une stratégie d’immunité collective sont moins radicales pour l’économie étant donné que de nombreux secteurs restent en activité. Toutefois, selon des scientifiques, cette situation entraînera un taux de mortalité bien plus élevé risquant de faire déborder le système hospitalier.


Gouvernement d’urgence pour faire face au virus

image

QUOI ?

Alors que notre pays tout entier s'organise pour faire face à la propagation du coronavirus, un gouvernement d’urgence minoritaire a été formé. Ce dernier est composé du MR, du CD&V et de l’Open Vld mais est tout de même soutenu par six autres partis (cdH, DéFI, Ecolo, Groen, PS et sp.a). La Première ministre du gouvernement d’affaires courantes, Sophie Wilmès, a prêté serment mardi devant le Roi pour un gouvernement de plein exercice, dont le champ d’action est limité à la gestion sanitaire et économique de la crise du coronavirus.

COMMENT ?

La mission de ce gouvernement sera limitée dans le temps : trois mois dans un premier temps, prolongeable de trois mois supplémentaires au cours desquels l’exécutif pourra recourir aux pouvoirs spéciaux.

Pour les autres matières, le gouvernement continuera de fonctionner en affaires courantes.

La formation de ce gouvernement d’urgence a pour objectif de faire face à la crise sanitaire provoquée par le coronavirus et, pour ce faire, il aura recours aux « pouvoirs spéciaux ».

Les pouvoirs spéciaux sont établis en vertu d'une norme spécifique que l'on nomme « loi de pouvoirs spéciaux ». Cette norme autorise temporairement le gouvernement à régler des matières normalement régies par le législateur. Cette faculté se concrétise par l’adoption d’arrêtés royaux de pouvoirs spéciaux et qui sont délibérés en Conseil des ministres.

Ce mécanisme s'appuie sur l'article 105 de la Constitution aux termes duquel « le Roi n'a d'autre pouvoir que ce que lui attribuent formellement les lois particulières portées en vertu de la Constitution même ».

Concrètement, ce mécanisme a pour but de permettre aux autorités gouvernementales de prendre des mesures rapidement et efficacement pour faire face à une situation de crise (notamment, à titre d'exemple, un éventuel confinement du Parlement fédéral en période d'épidémie).

QUELLES CONSÉQUENCES ?

Les pouvoirs spéciaux seront accordés dans le but de lutter contre la crise sanitaire et les conséquences socio-économiques et budgétaires de celle-ci. Il s’agit effectivement de circonstances tout à fait exceptionnelles, à l’égard desquelles des matières et des objectifs précis sont attribués.

Le recours à l’article 105 de la Constitution n’est pas commun mais il a déjà pu exister durant les précédentes législatures, et en particulier durant les guerres.